Je ne suis pas raciste, mais… (présentation documentaire 2013)

Voici un documentaire très intéressant qui, en plus d’apporter de multiples informations grâce à des enquêtes sérieuses et des mises en situations, interroge nos propres capacités à intégrer aisément des rejets ou des préférences, respectivement par peur de la différence ou par besoin d’identification.

Je ne suis pas raciste, mais… (présentation documentaire 2013)

On nous montrera que dès le plus jeune âge, ceux qui manifestent des goûts identiques aux nôtres obtiendront spontanément nos faveurs, malgré leur comportement déloyal.

L’exécution rapide de l’ensemble des élèves à un ordre farfelu de discrimination initié par une institutrice, est d’autant plus surprenante, que le groupe d’enfants discriminés l’intègre docilement. On peut donc accepter n’importe quoi, en dépit du bon sens et du respect des camarades (ou de soi), du moment que l’information provient d’une autorité supérieure (représentée ici par l’enseignante).

Découvrir par ailleurs que des petites filles noires ont tellement intégré des préjugés sociaux odieux qu’elles n’hésiteront pas à désigner l’image qui leur ressemble en termes dévalorisants… est un terrible constat : c’est là qu’on peut mesurer l’ampleur des ravages et la profondeur invasive de toutes les formes de racisme.

On y voit diverses personnes, pendant des tests, rester de marbre face aux piqûres infligées sur la main d’une couleur ni neutre ni semblable à la leur, mais réagir par empathie devant une main identique à la leur. Cela laisse supposer que la plupart des gens se sentiront touchés en priorité par ceux auxquels ils s’identifient, quant aux autres…

Une théorie est proposée : la présence de fonctions cognitives résiduelles, issues d’un passé où il aurait été nécessaire d’adhérer à un groupe pour mieux survivre aux hostilités naturelles ; cela expliquerait pourquoi tout sujet apparaissant comme différent serait suspecté à priori de mettre en danger le groupe, justifiant ainsi les réflexes de rejet pour garantir la survie de la communauté.

Pourtant on peut envisager que c’est grâce à la diversité des membres, dans un groupe élargi, englobant la Terre entière, incluant toutes les particularités, avec les capacités de s’adapter aux situations inconnues ou imprévisibles, que chaque individu serait le plus en mesure de perdurer. Á mon avis, les principes basés sur l’élitisme sont responsables de la disparition des créatures jugées différentes et génèrent, par leur fonctionnement sélectif, l’apparition de nouveaux critères d’exclusion. De plus en plus diminué, ce type de groupe ne peut qu’être voué à sa complète extinction.

Les tests sur le traitement des informations révéleront les déformations, ré-interprétations et disparitions d ‘éléments au profit des stéréotypes vestimentaires ou sexuels. Les sujets se supposant dénués de culture raciste se font aussi piéger par les constructions sociales assimilées à leur insu.

Concernant les différences psychiques, on nous présente la superbe exception qui confirme la triste règle : le syndrome de Williams. En effet, les personnes ayant cette particularité ne font aucune discrimination. Exprimant des attitudes amicales, empathiques, pacifistes, on pourrait s’attendre à ce qu’elles soient moins victimes de rejet, du fait qu’on peut difficilement leur attribuer l’image de monstres agressifs et dangereux justifiant l’exclusion, mais il n’en est rien : elles sont rejetées… parce qu’elles sont différentes.

Cette propension à rejeter la différence, même si cette différence correspond à ce que l’on considère, en théorie, de meilleur, laisse entrevoir un avenir sombre.

Je pense que ce n’est que lorsqu’on aura compris que c’est une précieuse part d’inconnu en nous qu’on malmène ou rejette lorsqu’on discrimine la différence de l’autre, qu’on pourra enfin y remédier.

Place au documentaire :

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