[HC]Calculette de PA

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Très pratique calculette fabriquée par Lehrlor pour anticiper le nombre de PA (Points d’Action) nécessaires à l’heure H. Si on s’aperçoit, après avoir rentré les PA Actuels dans la première fenêtre, et le nombre de minutes en cours pour atteindre le prochain PA, que le Full PA (50)  ne sera pas pour l’heure prévue, en étant débiteur on utilise la touche « – » sur « PA voulus » jusqu’à l’obtention de l’heure recherchée pour connaitre le nombre exact de PA à ce moment là.

Si au contraire on se retrouve en excès de PA, l’heure atteinte précèdera l’heure H  et la question est de savoir combien on peut en dépenser pour en conserver assez afin d’être full à l’heure voulue : il faut alors cliquer sur le « – » de « PA Actuel »s pour savoir combien de PA en trop on s’autorise à utiliser.

Dyade Pyramidale ou syndrome dit « de Stockholm »

Identification de la victime au bourreau

Je lance ceci sans trop y avoir réfléchi, juste parce que cela me fait rudement penser aux relations employées dans les sectes et toutes celles générées par les manipulations, les emprises, la domination psychique, les maltraitances conjugales où l’un des conjoints semble atteint de psychopathie.
A l’exception près que dans les analyses s’intéressant à ce syndrome en particulier, dit de Stockholm, on y révèle un aspect souvent passé sous silence lorsqu’on évoque les processus de relations assujetties aux diverses formes de dépendances, et non libertaires : la « victime » non seulement s’ajusterait aux comportements de son « bourreau » jusqu’à en devenir sa complice inconsciente, mais une fois libérée officiellement et physiquement de son emprise, s’investirait à perpétrer le lien né de cette intense et exceptionnelle relation, au point de la protéger… jusqu’à s’identifier à son agresseur, s’y substituer, voire tout faire pour le rejoindre et accomplir une union fusionnelle avec lui.
En quelques sortes, les premiers contacts régis sous la différence et la domination (concepts hiérarchiques et pyramidaux sans haine de la part du dominant) se transformeraient dans l’équilibre d’une complétude totale où les « deux » ne forment plus « qu’un ».
Cette union peut se concrétiser par étreinte génitale (ils deviennent amants) et, ou, en épousant ses concepts idéologiques (elle devient son « bras droit » spirituel jusqu’à accomplir les mêmes forfaits que lui).
Je m’arrête ici dans mes réflexions personnelles, m’interrogeant encore sur ces étranges relations.

Pyramide implosive ou symétrie explosive

Une analyse sur deux types de dyades s’organisant différemment,  par complémentarité ou à l’inverse par effet de miroir, décrit l’une en structure pyramidale, couple inter-dépendant et implosif… l’autre serait symétrique, égalitaire, et explosive :

Extraits :

Le syndrome de Stockholm est bien plus que les simples faits divers d’otages et ravisseurs.
C’est une interaction complémentaire en « creux-relief » dans une relation affective intense en approche écosystémique du type parent-enfant, maître-disciple, voyeuriste-exhibitionniste, sadique-masochiste qui se complètent pour former une Gestalt ou totalité complète. C’est une situation de dépendances mutuelles où la « victime » a besoin d’un « bourreau » pour exister en tant que telle et le bourreau, inversement, a besoin d’une victime pour exister en tant que tel.

Au départ et dans n’importe quelle rencontre au hasard, il y a « sympathie » (du grec littéralement « même souffrance ») dans la reconnaissance mutuelle d’un « alter ego » (l’autre moi différent ou altéré) chez l’autre. Ensuite arrive la reconnaissance mutuelle d’une concordance profonde des personnalités dans l’interaction « complémentaire » en « creux et relief » des grandes différences. Il y a « antipathie » dans l’interaction symétrique en « miroir » de la rivalité dans de grandes similitudes, comme l’escalade de la course aux armements où un bouclier plus épais répond à une flèche plus puissante et comme la surenchère des vantardises ou à un exploit imaginaire répond un exploit au moins égal et tout aussi imaginaire.

 «[…] Une interaction symétrique se caractérise par l’égalité et la minimisation de la différence, tandis qu’une interaction complémentaire se fonde sur la maximalisation de la différence. Dans la relation complémentaire, il y a deux positions différentes possibles. 

L’un des partenaires occupe une position qui a été diversement désignée comme supérieure, première ou « haute » (one-up), et l’autre la position correspondante dite inférieure, seconde ou « basse » (one-down). Ces termes sont très commodes à condition qu’on n’en fasse pas des synonymes de « bon » ou « mauvais », « fort » ou « faible ».

Le contexte social ou culturel fixe dans certains cas une relation complémentaire (par exemple mère-enfant, médecin-malade, professeur-étudiant) ou bien ce style de relation peut être propre à une dyade déterminée. Soulignons dans les deux cas la solidarité de cette relation où des comportements dissemblables mais adaptés l’un à l’autre, s’appellent réciproquement.

Ce n’est pas l’un des partenaires qui impose une relation complémentaire à l’autre, chacun d’eux se comporte d’une manière qui présuppose, en même temps justifie, le comportement de l’autre; leurs définitions de la relation sont concordantes.» (Paul Watzlawick, Janet Helmick Beavin,
Donald D. Jackson, Une logique de la communication, p. 67, Seuil, Paris, 1972).

 Le sociologue Amitai Etzioni a étudié la « compliance » qui est une interaction complémentaire du couple autorité-obéissance, comme dans celui de domination-subordination et celui de pourvoyeur-bénéficiaire, etc.

Dans son Analyse transactionnelle, Éric Berne a désigné ces positions des noms de « parent », « enfant » et « adulte » dans les États du Moi. L’interaction complémentaire implosive pacificatrice est dans le couple des dissemblables parent-enfant, par exemple, tandis que l’interaction symétrique explosive est dans le couple des semblables. Au
plus profond du syndrome de Stockholm est l’interaction complémentaire de la solidarité complice des compléments.
Patricia Hearst et le bandit
bien-aimé sont comme Marianne et Robin des bois ou la bourgeoise encanaillée avec un joyeux voyou généreux, comme dans les films de Jean-Paul Belmondo.

Le proverbe populaire ne dit-il pas que « les contraires s’attirent »? Par la promiscuité, l’intensité et la gravité de la situation, une identification mutuelle peut se produire à partir de grandes différences, car il est paradoxal que l’identification soit une différenciation des caractères initiaux des parties pour aboutir à une similarité finale des caractères du groupe, grand ou petit, illustrée par les films mentionnés et Patricia Hearst.

La manipulation s’apprend à l’école de survie 

Il n’y aurait pas qu’un seul manipulateur dans ce type de couple… 

Extraits :

1978 – Franck Ochberg est américain. Il est psychiatre. C’est le premier à mettre en évidence ce que nous appellerons désormais le Syndrome de Stockholm, cet état psychologique qui veut que les victimes s’identifient à leurs geôliers et adhèrent complètement au mobile de la prise d’otage. Après la prise d’otages, Kristin Ehremann et les trois autres ex-otages ne manifestèrent aucune véhémence à l’encontre d’Olsson et Olofsson, bien au contraire. On dit même que Kristin serait tombée amoureuse d’Olsson.

Ochberg a mis en évidence trois critères déterminant la présence d’un syndrome de Stockholm:

  • Une certaine confiance des victimes envers leurs ravisseurs.
  • Une prise en compte positive des victimes par leurs geôliers.
  • Une hostilité commune (aussi bien de la part des victimes que de la part des ravisseurs) envers les forces de l’ordre.

                                                                      
Jan-Erik Olsson

Ensuite, Ochberg a défini un certain nombre de conditions environnementales nécessaires à l’émergence potentielle d’un syndrome de Stockholm, conditions qui tu vas le voir, sont plutôt particulières :

Le ravisseur peut justifier clairement les motivations de son acte. Il sait expliquer et raconter pourquoi il est en train de commettre cette prise d’otage ou cet enlèvement.
Le ravisseur ne ressent aucune haine de n’importe quel ordre (raciale, sexuelle,
sociale…) envers ses victimes. Il considère ses otages comme ses semblables. Il n’est en principe pas psychotique.

Les victimes ne sont pas au courant de l’existence du Syndrome de Stockholm. Si elles
le sont, il est beaucoup moins probable qu’elles soient victimes de ce syndrome – même si certains cas plutôt rares ont déjà mis en évidence le fait que certains ravisseurs étaient
particulièrement persuasifs et arrivaient à détourner ce genre de préventions auprès de certaines victimes.

On explique en fait ce syndrome de Stockholm par un concept dont on a beaucoup
entendu parler, qu’on a souvent mixé à toutes les sauces sans vraiment le définir. On parle ici de l’instinct de survie. Il semble effectivement logique que dans ce genre de situations, l’être humain chercher à minimiser le danger et maximiser sa sécurité. Que se passe-t’il à ce moment là? La victime cherche en fait à attirer la sympathie de l’agresseur, se montrant particulièrement à son écoute et réceptive à son discours. Inconsciemment, la victime éloigne le danger d’elle en tentant de modifier la perception que son ravisseur à d’elle. Même si son ravisseur n’a, dans ces cas-là, quasiment jamais l’intention primaire de faire du mal à ses otages. Dans ce genre de
situations, le preneur d’otage ou le ravisseur ne cherche généralement pas à s’approprier ses victimes et à leur faire subir des sévices – il cherche à culpabiliser la
société
(les forces de l’ordre, la loi, le climat social), qui l’obligent à perpétrer ce type de geste.

On pourrait croire, vu de l’extérieur, que c’est l’agresseur qui manipule ses victimes. C’est en partie vrai. Seulement en partie. Les victimes qui réussissent à attirer la sympathie de l’agresseur deviennent généralement des délégués,
pour qui il devient presque simple de jouer avec les émotions de l’agresseur (d’une façon complètement inconsciente, la plupart du temps). Ici se situe la limite, la
limite entre la victime-victime et la victime qui devient bourreau – le seuil final de la préservation étant de devenir directement la source de danger.

Phénomène persistant de « subjugation »

Le Dr E. Torres, V.Grenier-Boley pointe d’autres aspects de ce type de relation :

– la persistance de l’adhésion des victimes à leur agresseur, sous l’emprise d’une subjugation.
– à l’origine des cas du syndrome de Stockholm, une forte médiatisation sur l’évènement.

 

Soumission

Adhésion

L’adhésion des victimes à la cause de leurs agresseurs est souvent persistante. On se souvient de l’interview du baron Empain, réalisée plusieurs années après sa séquestration, au cours de laquelle il évoquait avec une certaine bienveillance le souvenir de ses ravisseurs tout en soulignant la compréhension qu’ils avaient manifestée à son égard et cela malgré le motif crapuleux du rapt et l’amputation d’une phalange qu’ils lui avaient fait subir.
Il est à noter que ces sentiments positifs apparaissent indépendamment de toute manipulation mentale [4, 5, 6]. À cet égard, L. Crocq [2] parle de la subjugation de la victime par son ravisseur et souligne le double sens que peut avoir ce mot qui signifie à la fois mettre sous le joug et séduire.

Un événement médiatisé

Le syndrome de Stockholm est intimement lié au contexte particulier qui caractérise la prise d’otages. On en trouve certainement l’une des premières évocations à l’époque de la naissance de Rome avec le récit de l’enlèvement des Sabines tel qu’il nous est rapporté par Tite-Live.
On se souvient que, là aussi, les jeunes captives s’étaient interposées entre les ravisseurs et leurs familles en demandant qu’une paix soit conclue.

En matière de terrorisme international, les prises d’otages modernes se caractérisent par un aspect médiatique très marqué, le plus souvent recherché par les agresseurs qui tentent ainsi d’afficher leur idéologie. Lorsque le contexte n’est pas politique, mais crapuleux (hold-up), la médiatisation n’est souvent pas souhaitée par les hors-la-loi, mais elle n’est pas moins présente. Ce contexte médiatique spécifique (celui du développement des grands médias), couplé à une situation politique particulière (multiplication des rapts à composante terroriste et recherche de propagande) est certainement à l’origine des multiples cas de syndromes de Stockholm décrits durant les années soixante-dix à quatre-vingt.

« Contre toi », un double sens

Cette adhésion incontrôlable est illustrée par le titre d’un film très astucieux dans son double sens : Contre toi (de Lola Doillon) :

 » C’est quelqu’un qui prend sa vie mais c’est la seule personne qui la maintient en vie aussi » … »à quel moment on peut se
retourner, à quel moment le besoin de l’autre devient pratiquement un sentiment »

 L’interview

Kristin Scott Thomas enlevée par Pïo Marmaï, une cellule et un lien qui se crée… La réalisatrice Lola Doillon explore à sa manière le syndrome de Stockholm dans un huis-clos captivant. « Contre toi » sort aujourd’hui dans les salles. Terrafemina a rencontré Lola Doillon.

L’actrice demande « qui manipule qui ? » en fin de vidéo ici

Allez, pour finir, puisque la musique adoucit les moeurs :

Muse – Stockholm Syndrome

Godillots politiques : stoppez le massacre !!!

Il y a des matins comme ça où l’on a du mal à émerger, à tel point qu’on se demande si l’étape entre le sommeil et l’éveil ne nous a pas fait prendre des choses réelles pour des
rêves, ou inversement.
C’est-ce qui s’est produit pour moi aujourd’hui tandis qu’une de mes oreilles écoutait mes dernières rêveries nocturnes, alors que l’autre tentait de suivre l’interview qui se déroulait à la radio*. A moins que ce soit tout bonnement un cauchemar…

Toujours est-il que Jean-Michel Apathie aurait demandé à David Douillet, devenu député, s’il ne serait pas un godillot de plus parmi les politiques au gouvernement .
Douillet aurait défendu le cas que j’ai évoqué il y a quelques temps et qui semble faire résolument scandale, celui du fiston Sarkozy visant une place à laquelle il ne pouvait prétendre que grâce à papa-président.
En affirmant (et c’est là que j’ai commencé à ne pas en croire mon oreille, celle qui était un peu réveillée) qu’il y avait des choses bien plus importantes et terribles que ces polémiques, comme, par exemple, le cas des étudiants ne pouvant se loger, des jeunes travailleurs également et le cas des jeunes ne trouvant pas de travail.
L’intervieweur poursuivit dans sa logique, en lui demandant, ce qu’il pouvait conclure de l’affaire « Jean Sarkozy », si jeune et déjà expédié aux sommets, maintenant qu’il avait fait le point sur les détresses estudiantines qu’il avait fait cette échelle et cette différence. Et Douillet de rétorquer que c’est normal, tous les jeunes rêvent de devenir champion, lui-même était champion à 18 ans.
Il m’a semblé que le journaliste se retenait de rire lorsqu’il a fait remarquer qu’il y a une différence entre les champions sportifs et les politiques, notamment, celle où l’on constate que les sportifs à 40 ans ne peuvent plus être champion, ce qui n’est pas le cas chez les politiques. David Douillet répondit que cela dépendait des sports.
Il aurait dit aussi que s’il faisait désormais de la politique, c’était pour aider les gens, qu’il n’y avait pas meilleur moyen de les aider qu’en faisant de la politique. Il a dit qu’une fois ses rêves de gosse réalisés, il était naturel de se tourner vers les autres et que s’investir en politique en était la plus belle manière. Etais-je en train de rêver ?!!
L’entrevue se termina par la conclusion du journaliste :  » oui, vous êtes bien un godillot, David Douillet voilà ; un coup : godillot, un coup… pas ! » Vraiment, avec David Douillet en député, les fils à papa n’auront aucune inquiétude pour trouver un logement, voilà ce que je me suis dit à moi-même, encore à moitié endormie.
Mais il va falloir que j’aille vérifier si ce que je rapporte là n’était pas le fruit d’un mauvais rêve…

Mise à jour ce soir 20h40 :
Bon, j’ai la preuve que j’étais vraiment mal réveillée, d’ailleurs en début d’après midi ce n’était pas ça non plus ! Mais j’ai trouvé la retranscription de l’entrevue sur le site RTL, ce qui m’a
permis d’apporter des modifications (qui apparaissent en italique), et voici la totalité de l’interview :

 

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, David Douillet.

David Douillet : Bonjour.

A : Que représente cette élection pour vous ?

D : Ca représente un investissement et un rêve mûrement réfléchis depuis une bonne dizaine d’années.

A : Ah, c’est vrai ? Dix ans ?

D : Oui, ça correspond à peu près à l’arrêt de ma carrière de compétiteur où, lorsque vous comblez votre ego, vous comblez vos rêves de gosse, vous avez naturellement envie de vous tourner vers les autres. Et c’est à peu près à cette époque-là que j’ai décidé de regarder de plus près ce qui se passait en politique parce que je trouve que c’est une belle manière, si ce n’est la meilleure, de s’investir pour l’autre.

A : Donc, maintenant, vous y voilà. David Douillet, serez-vous un député godillot ?

D : Un député godillot ! Non, non (rire)… Non, je serai un député investi.

A : Ils disent tous ça, au début. Ils disent tous : « Ah, moi je ferai des trucs, je serai libre de mes pensées », et puis après… Vous savez comment ça finit ?

D : Oui. Non, non, moi je serai un député investi pour ceux qui m’ont élu, déjà, les gens de la douzième circonscription. Il y a beaucoup de choses à faire.

A : Et autonome. Ce qui ne vous plaît pas, vous le direz ; ce qui ne vous plaît pas, vous ne le voterez pas ?

D : Je l’ai déjà fait lors de ma campagne, puisque j’ai pris des positions qui vont déjà contre celles de certains des ministres de la majorité parlementaire, notamment sur un autoroute qu’on appelle l’A 104 qui n’est pas très justifiée.

A : Votre victoire, dimanche, selon Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP (il l’a dit à votre place, hier matin), c’est finalement « la meilleure réponse à ce monde politico-médiatique qui cherche par tous moyens – tous moyens – à détruire le Président de la République ». C’est vrai ? Vous représentez ça David Douillet ?

D : J’ai une lourde tâche sur les épaules alors. Non, je crois… Moi, j’ai vécu une campagne assez incroyable puisque pendant cinq semaines. Je n’ai eu de cesse que d’avoir – enfin, d’essayer – en tout cas, de retourner à la réalité de mon terrain, et d’ailleurs mes adversaires ne s’y étaient pas trompés dans leur tactique contre moi puisqu’à chaque instant, ils essayaient de faire partir cette campagne au niveau national alors qu’une campagne électorale, c’est de représenter, en tout cas celle-là c’était de représenter les citoyens de cette douzième circonscription, donc je n’ai eu de cesse que de faire…

A : Ah, vous êtes représentant de la Nation, pas d’une circonscription !

D : Certes. Certes. Mais ce sont les gens d’une douzième circonscription qui vous élisent et qui ont des besoins.

A : Ah, vous représentez la Nation ! Nous sommes d’accord.   

D : Certes.

A : Vous ne représentez pas la douzième circonscription des Yvelines ?

D : Aussi, aussi.

A : Oui, mais enfin c’est plutôt la Nation… Bon, enfin ! Les médias ont été méchants avec vous pendant cette campagne ?

D : Non.

A : Vous avez ressenti de l’agressivité, un climat anti-sarkozyste ? Qu’est-ce que vous avez ressenti ?

D : D’abord, j’étais très occupé puisque toute la journée, du matin au soir, entre les gares, entre les réunions publiques et tout le travail que j’avais à mener, je n’avais pas beaucoup de temps, ni d’oreille pour écouter tout ce qui se passait. En revanche, au fur et à mesure des polémiques qui s’écoulaient au fur et à mesure des semaines, effectivement une espèce d’obligation de répondre, une obligation de parler, de créer… Comme si les journalistes qui essayaient de me voir, essayaient d’obtenir une matière pour alimenter une espèce de polémique, et ça… Parce que j’arrivais à faire cette différence avec ce que disaient et ce qu’essayaient de faire ou de me faire dire les gens sur le terrain, et les gens sur le terrain ne me parlaient absolument pas de tout ça. C’est ça qui était assez étonnant.

A : Et bien tout ça, c’est Jean Sarkozy ?

D : Il y avait une dissonance entre la préoccupation des gens, entre ce que les gens vivaient et ce qu’essayaient de savoir les médias ou faire dire les médias. C’est assez étonnant.

A : Pierre Cardo, député des Yvelines, UMP lui aussi, qui vous a accompagné pendant toute cette campagne a dit ceci, la semaine dernière : « Je passe mon temps à avoir des demandes de parents dont les enfants ne trouvent pas de travail parce qu’ils n’ont pas de relations, c’est pour ça que ce qui se passe avec Jean Sarkozy me choque ».

D : C’est son analyse. Maintenant, c’est son choix. Il est libre de penser. La preuve qu’on est libre de penser…

A : Non, il dit : « Je passe mon temps à avoir des demandes de parents ». Il disait un truc concret, il ne disait pas… Il ne pensait pas… Il disait : on me parle beaucoup de cette affaire.

D : Oui, mais pour que leurs enfants obtiennent du travail ; et c’est pas forcément pour une critique qui était faite vis-à-vis du fils du chef de l’Etat.

A : Qu’est-ce que vous pensez, vous, de cette histoire qui concerne Jean Sarkozy et son accession à la tête de l’Epad ?

D : Moi je pense que, honnêtement, franchement, vue la gravité des sujets auxquels j’ai été confronté pendant cette campagne, je trouve ça ridicule, vraiment.

A : La polémique, vous trouvez ridicule ?

D : Oui, je trouve ça ridicule. C’est immensément petit quand on compare ça aux problèmes des gens du quotidien, quand on voit des gens qui n’arrivent pas à se loger, par exemple. Moi j’ai rencontré des jeunes qui travaillent et qui ne peuvent pas se loger, qui dorment dans leur voiture, aujourd’hui, actuellement. C’est inadmissible. Et ça, on n’en parle pas. Vous n’en parlez pas. C’est terrible. J’ai rencontré des jeunes qui ont beaucoup de mal à trouver de l’emploi, j’ai trouvé des jeunes qui  n’en peuvent plus de leur transport qui les mène en retard pour poursuivre leurs études ou pour aller travailler. Donc, il y a des choses quand même un peu plus élevées dans le débat, et je pense qu’il serait quand même important de s’y attarder et d’essayer de le solutionner aussi.

A : Et une fois que vous avez fait cette échelle et cette différence, qu’est-ce que vous pensez de Jean Sarkozy ? Son accession à la tête de l’Epad, David Douillet ?

D : Vous savez, c’est quelque chose d’assez naturel que de vouloir réussir dans un domaine pour quelqu’un qui est jeune. Moi-même, je l’ai fait dans un domaine qui était le sport. Dans mon domaine, vous savez, on ne s’émeut pas lorsqu’un champion du monde n’a que 18 ans, par exemple. Voilà.

A : Ah oui, c’est assez normal qu’un champion du monde soit jeune ! A 40 ans, il n’y a plus beaucoup de champions du monde.

D : Ca dépend des disciplines.

A : Oui, enfin vraiment… Dans le waterpolo ou le golf, peut-être.

D : Mais c’est l’état d’esprit qui compte, et ce sont les qualités des hommes qui prévalent. Un homme quand il a des qualités, qu’il ait 20 ans ou 40 ans, il doit mériter son poste à juste titre.

A : Donc, vous n’êtes pas choqué par cette histoire ?

D : Non.

A : Deux députés  UMP vont proposer en séance publique, un amendement excluant du calcul du bouclier fiscal la CSG, la CRDS. Est-ce que vous voterez cet amendement ?

D : Oui, non je ne suis pas pour parce qu’honnêtement, moi j’ai fait partie, j’ai eu de la chance par mon travail, j’ai fait partie de ceux qui ont choisi de rester, ici dans mon pays, contrairement à certaines personnes.

A : Certains sportifs.

D : Certains sportifs, chanteurs, etc.

A : Disons-le.

D : Moi j’ai fait le choix de rester dans mon pays, à une époque où je l’ai fait, il y a quelque chose qui était dure, c’était de se rendre compte qu’au mois de septembre, je commençais à gagner de l’argent pour moi. Au mois de septembre. Donc, ça veut dire : deux tiers – un tiers. Aujourd’hui, on est à la moitié-moitié. Je trouve ça plutôt normal. Donc, le bouclier fiscal qui porte très mal son nom, d’ailleurs, c’est une chose importante, notamment pour motiver les gens à continuer à travailler.

A : Donc, vous ne voterez pas l’amendement. Et d’un mot : pour ou contre la cagnotte scolaire ?

D : Non.

A : Pour lutter contre l’absentéisme.

D : Non, non, non…

A : Vous êtes contre ?

D : Je suis contre. Je crois qu’il faut redonner surtout de la motivation pour les enfants à l’école, c’est bien autre chose, et bien plus motivant et je milite…

A : Vous êtes content maintenant !

D : … Et je milite beaucoup pour la formation en alternance.

A : Il va être content, Martin Hirsch ?

D : Comment ?

A : Il va être content, Martin Hirsch ?

D : Mais chacun ses idées. Voyez que je suis libre !

A : Voilà, un coup godillot, un coup pas ! Bouclier fiscal ? C’est non. Et la cagnotte ?…

D : Ah, ça c’est votre analyse.

A : Eh oui, c’est mon analyse, et c’était sur RTL, ce matin, avec David Douillet. Bonne journée.

Auteur : Jean-Michel Aphatie

*édit du 2/6/12 : entre temps j’ai changé de radio…